Matomo vs Piano Analytics: les deux souverains francais

Le contrat de Piano Analytics promet l’Europe, sa politique de confidentialité dit l’inverse

Le contrat de Piano Analytics impose un stockage exclusivement dans l’Union européenne ; sa politique de confidentialité place pourtant AWS, Snowflake et Gcore aux États-Unis, au Japon et en Australie. Matomo affiche la même faille, avec trois formulations différentes sur ses propres pages. Périmètre comparé critère par critère, relevé du 14 septembre 2026.

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Piano Analytics vs Matomo : périmètre comparé, critère par critère — relevé du 14/09/2026
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À quelle question l'outil répond
Ce qu'il mesure ou produit
Matomo agrège pages vues, events, téléchargements, etc. (bots, trafic interne inclus). Cloud : facturé au hit. On-Premise : 0 EUR, hits illimités, extensions payantes en plus.Piano Analytics collecte des événements horodatés (pages, clics, achats, vidéos) via un identifiant visiteur idclient ; l'éditeur garde le nom AT Internet, ses SDK pointant vers l'organisation GitHub at-internet.
Ce qu'il ne sait pas vous dire
Sans cookie, Matomo dégrade unique visitors, jours depuis dernière visite, visites/conversion. Mode CNIL : User ID, inter-domaines, journal des visites, profils visiteurs désactivés (Cloud/On-Premise).Limite publiée : la source de trafic est définie au moment de la visite, sans tenir compte du passé du visiteur ; l'attribution propre exige Data Flow ou Data Sharing. En mode exempté ePrivacy, le cross-domain est interdit.
Mesurer l'audience
Modèle de mesure
Rapports par visite, mais l'unité facturée en Cloud est le « Hit » (pages vues, events, téléchargements, bots/trafic interne inclus). Un ping Heartbeat Timer ne compte pas comme hit. On-Premise : aucun plafond.Piano Analytics mesure par événement, pas par session : Visit Duration, Page Duration et Entry/Exit pages sont reconstruites par retraitement et ne sont disponibles que via l'option Data Sharing, absentes du flux Data Flow.
Mesure sans cookie
Matomo tourne sans cookie ni bandeau (IP anonymisée, pas de User ID, opt-out). France : auto-évaluation CNIL, pas de liste officielle. Mode CNIL : perte User ID, inter-domaines, Heatmaps, A/B Testing, journal des visites.Mode exempté fondé sur l'art. 5.3 ePrivacy (art. 82 LIL) et les lignes CNIL 2020. Sur le cross-domain, une page l'autorise entre responsables communs, une autre l'interdit — l'éditeur publie les deux.
Rétention des données
Rétention réglable en jours (brutes)/mois (rapports), aucun défaut publié. Cloud : brutes limitées au palier (24 mois en Business), rapports illimités. On-Premise : conservation indéfinie. Exemption CNIL : logs limités à 25 mois.Piano annonce une rétention par défaut de 25 mois (personnalisable au contrat) ; Data Flow limite l'historique à la date de souscription, avec rattrapage possible jusqu'à 25 mois sur demande à l'Account Manager.
Échantillonnage
Matomo dit n'échantillonner aucun rapport. On-Premise : troncature par défaut à 1 000 lignes (modifiable). Cloud : rate limiting selon palier, levable en Enterprise. Autres bornes : 255 octets/dimension, 1 024 caractères/URL.Piano Analytics annonce l'absence d'échantillonnage (jeux de données complets) et un traitement des données collectées en moins de deux minutes, sans seuil ni option liée à un palier.
Données brutes
Export brut : API Live.getLastVisitsDetails (10 000/appel). On-Premise : MySQL direct possible, Cloud non. Cloud : Data Warehouse Connector payant (+10 %) vers BigQuery ; On-Premise : Data Export gratuit vers S3/SFTP.L'événement unitaire s'obtient via deux options contractuelles sans prix public : Data Flow (export CSV/JSON/Parquet, sans métriques) et Data Sharing (accès SQL Snowflake, tables stream.events et data.events).
Attribution
Multi Channel Conversion Attribution : 6 modèles nommés (Last Interaction, Linear, Time Decay, etc.), fenêtre 7-90 jours. Inclus en Cloud ; extension premium annuelle en On-Premise. Inter-domaines désactivé en mode CNIL.Attribution par défaut au dernier contact ; Explorer compare des modèles sans fenêtre chiffrée publiée. Le cross-domain passe par transfert d'idclient ou cookies pa-cd.com, méthode déconseillée par l'éditeur.
Hébergement et souveraineté
Matomo Cloud : données en Europe, éditeur en NZ, « aucune donnée vers un pays tiers ». Contradiction : la politique de confidentialité cite des sous-traitants US (Help Scout, Twilio) sous CCT — l'éditeur publie les deux.Hébergeurs (politique de confidentialité) : AWS (UE, USA, Japon, Australie), Snowflake (UE, USA, Japon), Gcore (USA, Japon), Hetzner (Allemagne) ; transferts via clauses UE et BCR 2022. Europrivacy obtenue le 15/04/2025 (DNV).
Ce qu'on en sort
Formats d'export
Exports interface : CSV, XML, HTML, TSV, JSON, RSS, lignes réglables sans plafond publié. API suit les mêmes formats, XLSX natif absent. Vers l'extérieur : Looker Studio gratuit, BigQuery, Power BI, Tableau.Exports Data Query : CSV GZIP, 10 000 lignes à l'intégralité, livrés horaire à mensuel vers FTP/SFTP ou S3 ; Data Flow livre CSV/JSON/Parquet toutes les 15/30/60 min. XLSX, PDF, Looker Studio et Sheets absents.
Rapports partageables
White Label ouvre à partir du Business Bundle On-Premise (1 450/mois, en euros ou dollars selon la page), absente du Team Bundle et de Community gratuit. Rapport programmé et lien de partage public absents des pages testées.Piano Analytics programme la livraison récurrente des exports Data Query (horaire à mensuel, FTP/SFTP ou S3) et propose des tableaux Workspaces. Lien public de partage et marque blanche sont absents, sans palier cité.
Accès à l'API
API incluse dans les deux éditions (Cloud Business, plateforme libre On-Premise). Aucun quota chiffré publié : rate limiting selon palier, levable en Enterprise. Export brut par paquets de 10 000 enregistrements.Reporting API : 10 000 lignes/appel (200 000 avec pagination), 50 colonnes et 6 segments/requête, 5 appels simultanés/utilisateur, 20/organisation, sans palier payant distinct. Le serveur MCP exige le rôle MCP et une clé API.
Ce à quoi il se branche
Intégrations natives
Aucun total d'intégrations affiché. Trois retenues : Google Analytics Importer, connecteurs moteurs de recherche (Search Console, Bing, Yandex), WooCommerce Analytics — plus Looker Studio gratuit. Les deux premières sont premium.PA Connect compte 43 connecteurs au 14/09/2026 ; les trois utiles à la mesure web sont Google Tag Manager, Adjust (attribution mobile) et Salesforce. La liste inclut aussi YouTube et Tealium.
Connexion aux outils Google
Search Console : extension premium Search Engine Keywords Performance. GA : reprise via Google Analytics Importer. Looker Studio : connecteur gratuit. BigQuery : Data Warehouse Connector payant (+10 %). Ads/Sheets absents.Ad Performance Insights connecte Google Ads et Meta Ads ; Ad Revenue Insights couvre Google Ad Manager mais n'a « pas de connecteurs natifs pour Google Ads, Meta Ads ou Search Ads 360 ». GSC, GA, Sheets, Looker Studio absents.
Reprise des données existantes
Reprise depuis GA prévue : Marketplace « Google Analytics Importer » (Cloud Business). Guide Cloud avec rubrique « Migrate » (depuis GA, entre éditions Matomo). Correspondance de champs et accompagnement absents.L'import ne couvre que les « measurements » propres (JSON/ndJSON, 100 Ko/ligne, 1 Go/lot, 140 000/min, 100 000/jour). Aucun import ni mapping concurrent documenté ; seule reprise : rattrapage Data Flow jusqu'à 25 mois.
Mise en route et cadre
Support
Cloud : e-mail gratuit dès Business, Customer Success Manager en Enterprise. On-Premise : Forum en Community, e-mail 24/5 (12 h) en Team/Business, Dedicated Success + chat en Enterprise, 6 h en VIP. Langue du support non publiée.Support : formulaire de ticket, support@piano.io, l'assistant Ask Tutor et le Training Center. Langue, horaires et palier ouvrant un canal rapide non publiés ; support.piano.io est bloqué par son robots.txt.
Hébergement des données
Matomo Cloud, trois formulations : page tarifaire « Francfort » ; DPA « Frankfurt, backups Dublin » ; FAQ « 100 % Europe, éditeur en NZ » sans ville — l'éditeur publie les trois. On-Premise : hébergement au choix du client.Contradiction d'hébergement : le DPA exige « toutes les données stockées uniquement sur des serveurs situés dans l'UE », la politique plaçant AWS, Snowflake et Gcore aux USA, au Japon et en Australie — l'éditeur publie les deux.
Certifications
Éditeur (InnoCraft, NZ) : ISO 27001:2022, rapports Vanta, DPA (chiffrement, MFA, tests d'intrusion). Hébergeur : certifications renvoyées à AWS sans être listées. SOC 2, HDS absents. On-Premise : client-hébergé, sans DPA.Certifications de Piano Software (pas ses hébergeurs) : ISO/IEC 27001:2022 (valide jusqu'au 15/04/2029), PCI DSS (2021), HIPAA/HITECH type 1 (2023, citant Piano Analytics), Europrivacy (15/04/2025). SOC 2 et HDS absents.
Ce qui se passe si vous partez
Matomo Cloud : pas de remboursement général (« non-refundable »), prorata si réduction majeure ou résiliation (préavis 10 j). Données supprimées 30 j après résiliation, logs jusqu'à 60 j. On-Premise : annulable à tout moment.Le MSA impose un préavis de non-renouvellement de 60 jours et rembourse le prépayé non utilisé hors manquement. Le client a 30 jours après résiliation pour demander ses données ; passé ce délai, Piano peut les supprimer.
Ce que ça coûte
Ce qui fait grimper la facture
Trois coûts cachés. (1) Cloud : Data Warehouse Connector = +10 %. (2) Cloud : hits incluent robots/trafic interne, palier monte vite. (3) On-Premise : bundles 275/1 450/3 400/mois, € ou $ selon la page — l'éditeur publie les deux.Le MSA indexe chaque année au plus élevé de 7 % ou de la hausse de l'IPC sur 12 mois. Data Flow et Data Sharing sont facturés à part, sans prix public. Aucun onboarding obligatoire, crédit ni siège imposé n'est nommé.

Que retenir

Le contrat dit l’Europe, la politique de confidentialité dit ailleurs

Le contrat de traitement de Piano Analytics exige que toutes les données soient stockées uniquement sur des serveurs situés dans l’Union européenne. Sa politique de confidentialité place pourtant ses hébergeurs ailleurs : AWS aux États-Unis comme au Japon et en Australie, Snowflake aux États-Unis et au Japon, Gcore aux États-Unis et au Japon également — seul Hetzner reste en Allemagne. Les transferts s’appuient sur des clauses contractuelles types et des règles d’entreprise contraignantes datées de deux mille vingt-deux ; le contrat et la politique restent l’un et l’autre publiés, sans que l’un ne cède à l’autre.

Matomo n’échappe pas non plus à sa propre contradiction

Matomo affirme dans sa FAQ qu’aucune donnée ne quitte l’Union européenne et qu’aucune clause contractuelle type n’est nécessaire — pendant que sa politique de confidentialité cite Help Scout et Twilio, deux sous-traitants américains, couverts justement par de telles clauses. Sur le lieu d’hébergement, Matomo publie même trois formulations différentes : Francfort sur la page tarifaire, Francfort avec sauvegardes à Dublin dans le contrat de traitement, cent pour cent Europe sans ville dans la FAQ. Piano et Matomo se contredisent chacun sur le même sujet, chacun à sa manière.

Le suivi inter-domaines, permis d’un côté, interdit de l’autre

En mode exempté, fondé sur l’article 5.3 de la directive ePrivacy et les lignes directrices de la CNIL, une page de Piano Analytics autorise le suivi inter-domaines entre responsables de traitement communs. Une autre page l’interdit purement et simplement dans ce même mode exempté. Piano publie les deux positions sans indiquer laquelle prévaut pour un client qui s’appuie sur l’exemption de bandeau cookie.

Ce que Piano apporte réellement en échange de son opacité tarifaire

Piano Analytics ouvre, via l’option Data Sharing, un accès SQL direct à Snowflake sur les tables d’événements, quand Data Flow exporte en CSV, JSON ou Parquet toutes les quinze à soixante minutes. Son Reporting API accepte dix mille lignes par appel, deux cent mille avec pagination, et l’éditeur revendique quarante-trois connecteurs PA Connect au quatorze septembre deux mille vingt-six, ainsi qu’une certification Europrivacy obtenue le quinze avril deux mille vingt-cinq. Aucun de ces éléments n’a d’équivalent chiffré chez Matomo.

Le seuil où l’un et l’autre cessent d’être en libre-service

Piano Analytics ne publie aucun prix public : Data Flow et Data Sharing se négocient au contrat, et le site oriente directement vers une démonstration plutôt que vers une page de tarifs. Matomo, lui, publie un prix d’entrée — mais deux versions contradictoires du même palier de cinquante mille hits mensuels, vingt-neuf euros hors taxe sur une page, vingt-six dollars sur une autre. Entre l’absence totale de prix et le prix doublement publié, aucun des deux ne donne un chiffre sur lequel un acheteur peut se fier sans écrire au commercial.

Le piège de facturation à connaître avant de signer

Le contrat-cadre de Piano indexe chaque année le prix au plus élevé de sept pour cent ou de la hausse annuelle de l’indice des prix à la consommation, et impute au client la taxe de vente ou la TVA due sur les abonnements de ses propres abonnés. Matomo cache ses coûts ailleurs : le connecteur Data Warehouse ajoute dix pour cent au tarif Cloud, et les forfaits On-Premise sont annoncés à deux cent soixante-quinze, mille quatre cent cinquante et trois mille quatre cents par mois — en euros sur une page, en dollars sur une autre.

Questions fréquentes

Vous ne trouvez pas votre réponse ? Contactez-nous !

jordan@bulldozer-collective.com
Le DPA de Piano Analytics garantit-il un hébergement uniquement européen ?
Le DPA de Piano Analytics exige que toutes les données soient stockées uniquement sur des serveurs situés dans l’Union européenne, alors que sa politique de confidentialité place ses hébergeurs AWS, Snowflake et Gcore aux États-Unis, au Japon et en Australie — l’éditeur publie les deux versions. Matomo publie trois formulations pour son offre Cloud : Francfort sur la page tarifaire, Francfort avec sauvegardes à Dublin dans le DPA, et 100 % Europe sans ville dans la FAQ. Un acheteur soucieux de souveraineté doit demander une confirmation écrite.
Quelles certifications Piano Analytics revendique-t-il pour son propre compte ?
Piano Analytics revendique, pour l’éditeur lui-même et non ses hébergeurs, l’ISO/IEC 27001:2022 valide jusqu’au 15 avril 2029, une certification PCI DSS obtenue en 2021, une attestation HIPAA/HITECH type 1 de 2023 citant nommément Piano Analytics, et Europrivacy depuis le 15 avril 2025 ; SOC 2 et l’hébergement HDS sont absents. Matomo, via son éditeur InnoCraft basé en Nouvelle-Zélande, revendique l’ISO 27001:2022 et des rapports Vanta, renvoyant les certifications d’hébergement à AWS sans les lister ; SOC 2 et HDS y sont également absents.
Qui paie la taxe de vente dans le contrat de Piano Analytics ?
Le contrat-cadre de Piano Analytics exclut les taxes du prix, hors l’impôt sur le revenu propre de Piano, et fait porter au client toute taxe que Piano doit collecter, sauf exonération, sans qu’aucun État ni seuil de nexus ne soit nommé ; une clause distincte impute même au client la taxe due sur ses propres abonnés. Matomo Cloud affiche ses prix hors taxe, confirmé par la mention 29 euros HT en page tarifaire, et délègue la fiscalité à son revendeur Paddle.com, agissant comme Merchant of Record, sans liste d’États américains ni calcul de taxe locale publiés.
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