Redmine se télécharge gratuitement sous licence GPL v2, quand Jira reste gratuit jusqu’à 10 utilisateurs puis facture 8,60 $ par utilisateur et par mois pour les 100 premiers sièges, en dégressif ensuite. L’écart ne se joue pas sur le prix : Redmine ne vend ni support, ni SLA, ni hébergement — seuls des forums, un canal IRC et un Slack non officiel sont indiqués — quand ce cadre est inclus dans l’abonnement Jira. Périmètre comparé critère par critère, relevé du 7 septembre 2026.





Redmine se télécharge sans frais sous licence GPL v2 (versions 6.0.11, 6.1.4 et 7.0.1, publiées le 26 août 2026). Mais l’installation documentée compte onze étapes, avec Ruby 3.1, 3.2 ou 3.3 et Rails 7.2, des composants optionnels — ImageMagick, Ghostscript, Pandoc à partir de la version 3.8.3, Sidekiq — puis une maintenance trimestrielle pour les versions mineures et une fois par an pour les versions majeures. Jira, à l’inverse, reste gratuit jusqu’à dix utilisateurs puis facture huit dollars et soixante cents par utilisateur et par mois pour les cent premiers sièges, en dégressif ensuite : le coût ne disparaît dans aucun des deux cas, il se déplace seulement — vers l’exploitation d’un côté, vers l’abonnement de l’autre.
Redmine ne vend aucun support : redmine.org renvoie vers des forums, un canal IRC et un Slack non officiel, sans langue garantie, sans horaires et sans clause de niveau de service — le seul engagement écrit porte sur le rythme des versions, une mineure tous les trois mois et une majeure une fois par an. Jira, qui traduit son interface en vingt-et-une langues dont le français, ne fournit pourtant son support qu’en anglais et en japonais, sur neuf heures ouvrées au palier Standard et vingt-quatre heures sur vingt-quatre au palier Premium. Le choix n’est donc pas entre un support présent et un support absent, mais entre aucun support contractualisé et un support qui ne couvre pas la langue de l’interface.
En engagement annuel, Jira facture par tranche d’utilisateurs et non par siège individuel, et l’éditeur écrit que cette tranche ne peut pas être modifiée en cours d’engagement. Redmine n’a ni palier ni siège à acheter : trois statuts de compte existent — Active, Registered, Locked — sans aucune limite de nombre d’utilisateurs ; un compte verrouillé perd l’accès, ce qui relève du contrôle d’accès et non de la facturation. Les deux éditeurs ne comptent donc pas seulement différemment : l’un compte, l’autre ne compte pas du tout.
Chez Redmine, l’accès invité est gratuit et non facturé, via deux rôles fixes — Non member et Anonymous — sur les projets publics, avec une option Authentication required qui coupe l’accès anonyme quand l’administrateur le souhaite. Chez Jira, il n’existe aucun invité gratuit : tout utilisateur ajouté à une application est facturé, même s’il n’accepte jamais l’invitation. L’API suit une logique tout aussi inversée : celle de Redmine, incluse sans option payante, ne porte aucune limite de débit, quand celle de Jira plafonne à cent requêtes de lecture par seconde, cinquante en écriture, et vingt écritures par ticket toutes les deux secondes.
Le cœur de Redmine ne propose ni moteur d’automatisation, ni vue de charge par personne, ni chemin critique, ni tableau kanban — ce dernier n’existe que via un plugin tiers du Plugin Directory, sans mapping ni accompagnement documentés par l’éditeur. Ce qui s’en approche reste indirect : temps estimé cumulé sur la tâche parente, récapitulatif par assigné, feuille de route pondérée. Une équipe qui a besoin de ces briques en natif et garanti par un éditeur sort donc du périmètre que le cœur de Redmine couvre seul, et bascule vers des plugins non accompagnés ou vers un autre outil.
Sur la gestion de la capacité, le comparatif des paliers Jira la place en Enterprise quand la documentation produit la place en Premium — les deux pages de l’éditeur se contredisent, sans qu’on puisse dire laquelle est à jour. Sur l’hébergement, la page dédiée à la résidence des données situe l’Union européenne et l’Allemagne dès le palier Standard, quand le comparatif des paliers la réserve à l’Enterprise ; sept catégories de données restent de toute façon hors de ce périmètre annoncé. Redmine échappe à ce type de contradiction pour une raison simple : auto-hébergé, il ne publie aucune page d’hébergement, puisqu’il n’héberge rien lui-même.
Chez Jira, le site reste accessible quinze jours après la fin de l’abonnement puis se désactive, sans qu’aucune durée de rétention des données ne soit chiffrée au-delà. Chez Redmine, il n’y a ni abonnement ni résiliation à gérer : les données restent dans la base et le répertoire files de l’installation, et leur sauvegarde — via mysqldump, pg_dump -Fc ou rsync — reste entièrement à la charge de qui l’exploite, avant et après tout usage. Le vrai piège n’est donc pas le même des deux côtés : chez Jira, c’est une durée de rétention non chiffrée ; chez Redmine, c’est l’absence de qui que ce soit d’autre pour faire cette sauvegarde à votre place.
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